CHAMBERAT

Située au centre du canton d'Huriel, la commune de Chambérat se trouve à 10 km du Cher et de la Creuse, 20 km de l'Indre et 30 km du Puy-de-Dôme. Ce positionnement géographique priviligié lui permet d'attirer une population issue de plusieurs départements notamment à l'occasion de "La Chambérat" qui regroupe, chaque été, environ 20.000 visiteurs sur une journée. L'origine de la foire remonte à des temps immémoriaux. Un chef gaulois, Cambarius, donne son nom à une clairière située au coeur d'une forêt où se déroule une fois l'an, entre le solstice d'été et l'équinoxe d'automne, un grand rassemblement en l'honneur du dieu Lug et d'Epona, déesse du cheval. Bien que Charlemagne ait tenté de les abolir, ces rites s'accompagnant de sacifices d'animaux ont perduré jusqu'au moyen-âge.

La situation même de Chambérat, entre les régions bourbonnaise, berrichonne et marchoise, sur la route romaine reliant Châteaumeillant à Néris les Bains, constitue très certainement la raison de l'exceptionnelle longévité de cette foire dédiée aux chevaux et aux produits agricoles ! Chambérat n'est pas seulement connue pour cette fête vieille de 2.000 ans, elle l'est aussi pour son fromage "Le Chambérat". Né il y a plus de deux siècles, le fromage "Chambérat", fabriqué par les fermières de la commune et de sa proche région, est aussi une valeur sûre de la foire.

Foire d'antan

Foire d'antan

La tradition veut que le lait destiné à la fabrication de ce fromage ait toujours été détourné par le métayer afin de ne pas figurer dans l'inventaire des productions de la ferme soumis au partage avec le propriétaire.

Sa technique de fabrication impose donc de faire disparaître très vite le lait chapardé ce qui ne peut se faire autrement que par un caillage rapide à l'aide de fortes doses de présure sur le lait encore chaud de la traite.

Réalisé avec du lait de vache cru et entier suivant les méthodes de nos aïeules, son affinage est conduit de nos jours en cave sur des planches en sapin pendant 6 semaines durant lesquelles il est retourné et lavé tous les jours.

Sa renommée dépasse très largement le cadre du bourg où il est partagé lors des fêtes des batteuses et autres rencontres agricoles.

Eglise St Joseph

Eglise St Joseph

Vers 1860, l'église paroissiale située à Nocq était en ruine. L'évêque de Moulins en interdit alors l'usage. Le service du culte est assuré par le vicaire d'Huriel, Joseph Durin. Ce dernier a une dévotion toute particulière pour son saint patron. Il résolut de déplacer le centre du bourg à Chambérat et réussit à y faire édifier une église, un presbytère et une école. Les seize vitraux sont presque tous consacrés à Saint Joseph ce qui confère à cette collection une très grande rareté.

On retrouve la sainte Famille dans le coeur, oeuvre de Stelz de Nancy en 1868, et dans le transept ouest la légende du mariage de la Vierge, la Nativité et le don du scapulaire, seule pièce de cette deuxième série où Saint Joseph ne figure pas. A l'est, on retrouve la mort de St Joseph, la fuite en Egypte et, chose plus originale, l'Assomption de ce dernier !

Château de Palières

Au lieu-dit Palières, entre les bourgs de Chambérat et La Chapelaude. Un vieux château bâti en 1200 par un seigneur de la Maison de Bertrant tombe en ruine. Ce château était entouré de douves. D'ailleurs on remarque les levées de terre autour de la batisse. Un habitant du cru m'a dit qu'un souterrain reliait autrefois le château au donjon de la Toque.

Sommerat

Si vous vous êtes promenés dans le bourg d'Huriel, vous avez dû remarquer le majestueux cèdre du Liban, planté sur la place de la Toque. Personne ne peut dire l'âge de cet arbre mais il semblerait qu'il ait été planté pour commémorer le soulèvement de la Brande des Mottes, qui rappelons-le est le nom d'un lieu-dit situé sur la commune de Chambérat. Pour résumé et faire simple, en 1849, le nommé LEDRU-ROLLIN, avocat à Montluçon, républicain, déclenche une insurrection à Paris pour faire tomber le gouvernement composé essentiellement de royalistes.

Philippe Fargin-Fayolle, dit Sommerat, appartenant à la bourgeoisie rurale du canton d'Huriel, décide de levée une troupe pour monter sur Paris. Le rendez-vous est donné à la Brande-des-Mottes. 800 hommes environ répondront à l'appel mais aucun ne montera sur Paris. Sur les chemins menant au rendez-vous, des exactions sont commises. Entre-temps, l'insurrection déclenchée par LEDRU-ROLLIN est réprimée. Des mandats d'arrêts sont délivrés contre 43 républicains du canton dont Sommerat. 24 sont jugés le 17 novembre 1849 à Riom et déclarés "non coupables" ; Sommerat qui était en fuite, se constituera prisonnier en 1850, il sera jugé et condamné à 5 ans de prison ferme et à une lourde amende. Après l'annulation de son pourvoi en Cassation, il est enfermé dans la forteresse de Belle Ile en Mer. Libéré au bout de 3 ans, il revient au pays étroitement surveillé par la police. Ses relations avec ses amis politiques ayant repris, il est déporté en Algérie en 1858. Amnistié en 1859, il revient s'installer à Montluçon. Il s'établit alors à La Chapelaude dans la maison dite du Prieuré et est nommé Président de la commission communale en 1870, ce qui équivaut à la fonction actuelle de maire. Sa carrière politique continue car, en 1871, il est élu conseiller général mais donne sa démission un an plus tard.

Si cette manifestation mal coordonnée est un échec cuisant, La Brande des Mottes reste néanmoins le lieu d'un évènement marquant dans l'histoire de la commune de Chambérat.

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