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La mine de Montebras en 1867 Recherche le minerait de plomb

François-Ernest MALLARD (1833-1894)

Dès 1858, Mallard avait (re)découvert, à Montebras, dans la Creuse, un gisement d'étain sur lequel par la suite on mis en évidence des travaux miniers remontant à la plus haute antiquité. A la suite de la découverte de Mallard ce gîte de Montebras fut l'objet d'une concession minière et exploité quelque temps pour l'étain, puis pour la lithine que l'on tirait de l'amblygonite et de la montebrasite, deux phosphates d'aluminium et lithium abondants dans le gisement. Le musée de Minéralogie de l'école des Mines de Paris possèdent de nombreux échantillons trouvés par Mallard dans cette région notamment: lépidolite de la Villatte (Haute-Vienne), amblygonite et montebrasite de Montebras en Soumans, (Creuse) N°38507, apatite de Chanteloube (Haute-Vienne), cuivre natif (26996) et or natif (27150) de Vaulry (Haute-Vienne), pharmaco sidérite de St. Léonard du Noblat (Haute-Vienne).


Léon MOISSENET (1831-1906)

Notice Sur Léon Moissenet Inspecteur Général Honoraire des Mines
par M. Jules MICAUD , Ingénieur Civil des Mines
de la promotion 1866 de l'Ecole des mines de Paris ; mort le 9/11/1920]

Les conseils donnés par Moissenet à ses anciens élèves avaient d'autant plus de raison d'être appréciés que ce n'étaient pas seulement ceux d'un théoricien : c'étaient ceux d'un Ingénieur pratiquant. Profitant on effet des vacances annuelles de l'Ecole, il avait pu, après avoir reconnu à Montebras (Creuse), sur d'anciens travaux, à la fois la présence du minerai d'étain et les " directions des principaux filons d'étain du centre Cornvall ", et avoir dès lors conclu à l'existence d'un gîte, accepter les fonctions d'ingénieur conseil de la Compagnie qui se forma pour l'exploitation de ce gîte. En fait, il dirigea entièrement les études, les recherches et les travaux de la mine de 1864 à 1871.

Au commencement de 1870, les travaux comprenaient notamment plusieurs puits dont un de 105 mètres de profondeur ; deux galeries d'écoulement ; trois niveaux de galeries suivant huit filons nettement caractérisés, dont quelques-uns avaient 2 mètres et plus de puissance et renfermaient sur certains points d'énormes blocs de minerai massif; plusieurs descenderies entamées et abatages préparés ; enfin un atelier de préparation mécanique avec les appareils en usage dans le Cornwall (concasseur, trommels, Lisburne Buddle, etc.).

L'exploitation fut suspendue peu après la guerre de 1870, faute de ressources, au moment où il ne fallait plus qu'un effort pour mettre la mine en état de produire normalement, et Moissenet résigna ses fonctions avec un amertume et profond regret de laisser inachevée une entreprise dans la valeur de laquelle il conservait la foi la plus entière.

Moissenet avait reconnu dans la gangue des filons d'étain un minéral appartenant an groupe de l'amblygonite et de la herdérite (fluophosphate d'alumine, de soude et de lithine) dont M. des Cloizeaux présenta l'analyse à l'Académie des Sciences, et à laquelle il donna le nom de Montebrasite ; l'exploitation de cette substance fut reprise ultérieurement pour la lithine qu'elle contenait. D'autre part, sans descendre au-dessous des niveaux assainis par les galeries d'écoulement, on a extrait, en même temps que l'amblygonite, et livré au commerce, de 1902 à 1904, 65 tonnes de minerai d'étain provenant des abatages préparés par Moissenet dans les filons découverts et suivis par lui. Cette production a été relevée dans la " statistique de l'imdustrie minérale et des appareils à vapeur en France et en Algérie ", publiée par le Ministère des Travaux publics. Le tableau 9 de celle statistique: "Tableau de la production des minerais métallifères par départements " fait ressortir aux pages 114 de 1902, 60 de 1903 et 60 de 1904, respectivement 33, 21, et 11 tonnes, soit 65 tonnes en tout. En outre, le volume publié en 1902 et contenant les " rapports des Ingénieurs des Mines aux conseils généraux sur la situation des mines et usines dans les départements ", porte en sa page 254, sur les mines de Moutebras et sous la signature de M. de Grossouvre : " Le minerai d'étain, qui jusqu'alors avait été un produit accessoire de l'extraction de l'amblygonite, a été, en 1902, l'objet d'une exploitation assez active. La mine a occupé de 30 à 60 ouvriers, et la production a été de 32 tonnes. "

Extrait du LIVRE DU CENTENAIRE DE L'ECOLE POLYTECHNIQUE, tome III page 146 http://www.annales.org/archives/x/moissenet.html